Et de quatre ! Après Ben Ali, Moubarak et Kadhafi, Ali Abdallah Saleh est le dernier dictateur arabe en date à quitter le pouvoir. Mais à la différence de ses acolytes, le président yéménite, à la tête du pays depuis 33 ans, l’a fait au terme d’un processus négocié. Le 27 février, il a cédé sa place à son ancien vice-président, Abd Rabbo Mansour Hadi. Unique candidat, celui-ci a été élu pour une période intérimaire de deux ans, en vertu de l’accord de transition que Saleh a été forcé d’accepter après des mois de contestation. L’ancienne opposition parlementaire, qui fait partie du gouvernement d’entente nationale, a boycotté la cérémonie d’investiture. Quant aux jeunes contestataires, ils ont manifesté devant la résidence du nouveau président pour l’appeler à se démarquer définitivement de son prédécesseur. Beaucoup parmi ces jeunes contestent l’immunité accordée à Saleh et appellent à le traduire en justice : pour eux, il reste responsable de la mort de plusieurs centaines de personnes pendant la répression des manifestations.

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