L’affaire du “bisou” fait jaser sur la toile tunisienne depuis quelques jours. D’après Libération, les faits remontent au 5 octobre et se sont déroulés le long de la route touristique de Gammarth, au nord de Tunis. Le couple, qui était garé sur le bas-côté de la route est accosté par des policiers. Ceux-ci ont “reproché à l’homme d’embrasser sa copine en public et l’ont accusé d’atteinte à la morale” raconte le site d’information tunisien Espace Manager.
La même source ajoute que “d’après le PV établi par la police, le Franco-Algérien a perdu son ‘self-control’ (sang froid, NDLR) et aurait proféré des propos agressifs à l’encontre des policiers“.
Une altercation qui a valu à l’homme une condamnation à 4 mois et demi de prison ferme pour “atteinte à la pudeur“, “refus d’obtempérer“, “outrage à un fonctionnaire public” et “atteinte aux bonnes mœurs“. Sa compagne a pour sa part écopé de trois mois fermes pour “atteinte à la pudeur“, “refus d’obtempérer” et “état d’ébriété sur la voie publique“, selon RTL.
Les internautes se sont rapidement emparés de l’histoire, baptisée “l’affaire du bisou”. Karima Souid, ex-députée, s’est exprimée sur les réseaux sociaux, estimant que “les atteintes aux libertés individuelles sont de plus en plus inquiétantes”.
Un élu tunisien, Raouf El May, a fait parler de lui en s’adressant directement au président tunisien via sa page Facebook. “Voilà un bisou affiché en public… À quel poste de police je dois me rendre pour subir ma peine de prison?”, s’interroge-t-il. Le post a récolté plus de 400 likes et a été partagé 146 fois.
Sur Facebook, un événement “Journée du Bisou” a été créé vendredi dernier. Pourtant, “malgré des centaines de personnes inscrites, aucun Tunisois ne s’est déplacé, par peur de la répression“, explique Libération.
Ce lundi, le porte-parole du tribunal de première instance de Tunis a démenti en direct sur une chaîne tunisienne l’information selon laquelle les deux jeunes ont été arrêtés sur un échange de baisers. Il a expliqué que “la police a intercepté le couple en flagrant délit” et que “la jeune femme était dénudée”. L’avocat du couple, Ghazi Mrabet a assuré avoir fait appel du jugement.

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