Des chenilles nuisibles menacent l'agriculture du Maroc

Une chenille importée probablement des Amériques menace l'agriculture en Afrique. Cette larve, qui peut dévorer "plus de 100 espèces de plantes différentes", menace à moyen terme l'Asie tropicale et la Méditerranée selon une étude.

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Dans un communiqué daté du 16 février, l’ONU met en garde contre l’invasion de chenilles légionnaires. Ces dernières ravagent déjà les plantations de céréales dans plusieurs pays au sud de l’Afrique. « C’est probablement seulement une question de temps avant que la plus grande partie de la région ne soit affectée », a averti David Phiri, le coordinateur régional de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en conclusion d’une réunion d’urgence à Harare, la capitale zimbabwéenne. « Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que cette espèce nuisible pourrait y rester », a-t-il poursuivi.

L’espèce en question, originaire des Amériques et récemment introduite en Afrique, dévore les champs de maïs et se « propage rapidement » sur le continent, risquant de constituer une « menace majeure pour le commerce agricole mondial« , révèle l’AFP qui cite une étude réalisée par le Centre international pour l’agriculture et les biosciences (Cabi), une organisation internationale à but non lucratif basée au Royaume-Uni.

Le Maroc est aussi concerné par la menace, puisque selon l’étude, ces chenilles baptisées chenilles d’automne « pourraient se propager dans les prochaines années en Asie tropicale et en Méditerranée, devenant une menace majeure pour le commerce agricole mondial« .

Si l’Afrique australe est l’épicentre du problème de la chenille légionnaire d’automne, « d’autres pays déjà touchés en Afrique de l’ouest sont aussi exposés au risque« , insiste David Phiri. Une enquête menée par les scientifiques du Cabi confirme déjà la présence de ces parasites au Ghana.

Cette espèce de larve, venue probablement « via les vols commerciaux directs » reliant l’Afrique à l’Amérique du nord ou du sud, mange en priorité du maïs, mais peut dévorer « plus de 100 espèces de plantes différentes » comme le riz, le sorgho, la canne à sucre, le chou, la betterave, l’arachide, le soja, le coton, le millet, les tomates, et la pomme de terre, indique l’étude.

Déjà 3 millions de dollars dépensés par la Zambie pour combattre les chenilles

L’analyse des chenilles prélevées dans trois régions du Ghana révèle que deux espèces « attaquent largement le maïs« , indique le docteur Matthew Cock du Cabi. « Une action urgente sera nécessaire pour prévenir des pertes dévastatrices pour les cultures et les moyens de subsistance des agriculteurs« , a-t-il ajouté.

Vu la prolifération des chenilles au sud du continent, la FAO a annoncé une « réunion régionale d’urgence » pour organiser une « réponse coordonnée« . La présence des larves a été confirmée au Zimbabwe et les résultats de tests sont attendus au Malawi, au Mozambique, en Namibie, en Afrique du Sud, et en Zambie. En décembre, les autorités zambiennes annonçaient avoir fait appel à l’armée pour lutter contre une invasion de chenilles qui ravageaient les champs de maïs et menaçaient la sécurité alimentaire du pays.

Selon la FAO, le pays a déjà dépensé trois millions de dollars pour contrer l’avancée de ces chenilles qui ont déjà affecté quelque 130.000 hectares de cultures. Elles constituent une forte menace pour les récoltes de maïs, aliment de base en Zambie. Les premiers spécimens de cette larve ont été repérés l’an dernier au Nigeria et au Togo. Contactés par Telquel.ma le ministère de l’Agriculture et l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), n’ont pas répondu à nos sollicitations.

(Avec AFP)

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