À Rabat, le Conseil de la ville loue certains de ses biens à moins de 60 dirhams par mois

Suite à une demande des élus de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), le Conseil de la ville de Rabat a révélé qu'il louait certains de ses biens contre des loyers ne dépassant parfois pas les 60 dirhams mensuels, pour des villas en plein Agdal.

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À Rabat, des biens  appartenant au Conseil de la ville sont loués à moins de 60 dirhams. C’est ce que nous révèle Omar Hyani, élu local de la FGD, qui nous indique que « selon les informations transmises par le Conseil, huit chalets de la rue du 16 novembre [dans le quartier de l’Agdal , NDLR] sont loués à moins de 60 dirhams par mois, dans l’une des rues les plus chères de la ville ». Des prix bien en deçà de ceux du marché.

Les huit chalets mentionnés par l’élu FGD font partie d’une longue liste des biens énumérée à l’oral. Les élus du parti de l’enveloppe sont toujours dans l’attente « d’une trace écrite« . Parmi les autres biens cités par la municipalité de Rabat figurent également « des magasins au marché central et au marché d’Akkari, également loués en dessous du prix de marché« , explique notre interlocuteur. D’autres sont situés dans le quartier Youssoufia, et le complexe Fadesa, qui jouxte la rocade de Rabat.

La FGD dénonce le manque à gagner pour la capitale, « alors même que le Conseil de la ville doit s’acquitter d’un loyer  mensuel de 100.000 dirhams pour abriter l’annexe administrative du 11e arrondissement (moqataa), à l’Agdal« .

Un élu PJD au sein du Conseil de la ville, dont le parti est membre de la majorité depuis 2009, se dédouane de toute responsabilité: « les contrats remontent à très loin, parfois jusqu’aux années 60. Ils ne sont donc pas du fait de la majorité actuelle« . Notre interlocuteur précise néanmoins que les services de la commune « ne sont pas en mesure de changer la donne dans l’immédiat« , mais assure que « des procédures ont été engagées et la commune a transmis le dossier à un avocat pour y mettre de l’ordre« . Un chemin qui s’annonce long, « puisqu’il faut parfois retrouver le bénéficiaire actuel du bien et non le signataire, la procédure est complexe« .

La question écrite adressée par les élus FGD au Conseil de la ville est la deuxième à laquelle la municipalité de Rabat répond. La première était relative aux redevances reversées par les exploitants des 300 espaces d’affichage publicitaire que compte la ville.

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