Treize intellectuels et militants de gauche pour la plupart se sont exprimés en faveur de la “satisfaction des revendications légitimes des habitants du Rif” dans un communiqué daté du 25 mai. Ils invoquent la “nécessité de trouver des solutions radicales aux questions soulevées par les manifestants“.
Les signataires estiment par ailleurs que le cahier revendicatif est “légitime et réalisable s’il y a une réelle volonté de dialogue sérieux et responsable”. Ils listent sept conditions sine qua non à la réussite de ce dialogue:
- “reconnaître la légitimité des revendications sociales, économiques et culturelles de l’une de nos régions”
- “rompre avec toutes les accusations de trahison adressées au mouvement revendicatif”
- “refuser la personnalisation du problème, les insultes et l’abaissement qui atteignent les individus et les institutions en mettant en application le principe de la gouvernance et en liant la responsabilité à la reddition des comptes sur les plans national, régional et local”
- “mettre la main sur les dysfonctionnements et privilégier le dialogue”
- “affirmer que la région du Rif a besoin d’achever les processus de réconciliation et la réparation des violations des droits de l’Homme dont elle a fait l’objet”
- “exiger du chef du gouvernement des éclaircissements sur le Dahir de militarisation et la confirmation de sa suspension conformément aux déclarations de certains responsables gouvernementaux et non gouvernementaux”
- “traiter les actions du mouvement revendicatif dans le cadre de la paix civile, garantir les droits des citoyennes et des citoyens
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Les signataires de cet appel se présentent comme des “partisans du dialogue patient avec tous les intervenants de la région et toutes les parties ayant participé aux manifestations“. Ils proposent en outre de “libérer les détenus emprisonnés pour leurs opinions politiques et les réintégrer à leurs postes“, de “traiter les revendications liées à l’enseignement et la santé“, et appellent les autorités à “exécuter les projets de développement dans la province“.
Les signataires : Ahmed Assid (président de l’Observatoire amazigh des droits et des libertés); Amina El Messaoudi (professeur universitaire); Boubkeur Largo (président de l’Organisation marocaine des droits de l’Homme) ; Jamal Bendahmane (professeur universitaire et acteur civil) ; Khadija Marouazi (secrétaire générale du Médiateur pour la démocratie et les droits de l’Homme); Khalid Benthami (activiste civil) ; Salah El Ouadie (président du mouvement Damir) ; Abdeslam Boutayeb (président du Centre de la mémoire commune pour la démocratie et la paix) ; Mohamed Neshnash (activiste des droits de l’Homme et porte-parole de l’initiative); Mohamed Benmoussa (expert en économie et acteur civil) ; Mustapha El Manouzi (président du Centre marocain pour la démocratie et la sécurité); Al Mustapha Lmouatassime (professeur universitaire) ; Ouasfi Bouazzati (vétérinaire et acteur civil).
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