Moncef Belkhayat se lance dans l'huile d'olive

Dislog, groupe détenu par Moncef Belkhayat, opère une réorientation stratégique en passant de simple distributeur au statut de producteur-distributeur. L'information est révélée en marge de l'annonce d'un partenariat stratégique avec le Tunisien CHO pour la production de l'huile d'olive.

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Moncef Belkhayat. Crédit :Yassine Toumi

Le groupe appartenant à Moncef Belkhayat opère un véritable virage stratégique. Acteur majeur dans la distribution et le marketing avec un flux d’opérations financières de 2,8 milliards de dirhams, Dislog a décidé de tenter l’aventure de la « marque distributeur ». En d’autres termes, le groupe arborera également la casquette de producteur. Le secteur de prédilection choisi par l’entreprise de l’ex-ministre de la Jeunesse et des Sports est l’agro-industrie. Moncef Belkhayat a révélé ses projets en marge d’une conférence dédiée à l’annonce d’un partenariat stratégique avec le groupe oléicole tunisien CHO, ce lundi 11 septembre.

Il compte développer une marque d’huile d’olive en partenariat avec le leader tunisien. « CHO a la maîtrise de la production, du conditionnement et l’exportation de l’huile d’olive. Nous avons l’expertise métier en termes de distribution et de marketing », explique Belkhayat.

Deux sociétés créées au Maroc et en Tunisie

Concrètement, deux structures seront créées. La première est CHO Maroc où Dislog détiendra 51% du capital et CHO Tunisie les 49% restants. La seconde structure, basée en Tunisie, se dénommera Dislog Tunisie et sera détenue à 51% par CHO et 49% par Dislog. Chacune des deux entreprises disposera d’un capital de 6 millions de dirhams.

CHO Maroc sera dédié au développement d’une industrie oléicole. « Nous espérons reproduire le succès que nous avons réalisé en Tunisie au Maroc« , affirme Abdelaziz Makhloufi, PDG de CHO. Pour ce dernier, le Maroc cherche aujourd’hui à emprunter la même voie que la Tunisie au début des années 2000, en ce qui concerne l’industrie oléicole en ce sens qu’il veut valoriser davantage sa production nationale dans le cadre du Plan Maroc Vert.

Le projet de Dislog et CHO vise donc à faire émerger des marques d’huile d’olive marocaine fortes et capables de concurrencer les marques étrangères dont certaines s’approvisionnent en vrac depuis le Maroc.

200 millions de dirhams investis sur 4 ans

Les deux partenaires ont déjà fixé le lieu de l’implantation de leur unité industrielle : Meknès. 70% des exportations marocaines d’huile d’olive proviennent de cette région. Cela dit, ils n’ont pas encore arrêté le schéma de déploiement. « Nous avons signé un mémorandum d’entente et nous comptons investir 200 millions de dirhams sur 4 ans« , explique Moncef Belkhayat.

« Nous allons prendre le temps avant de décider si nous opterons pour une construction d’usine ou pour une acquisition« , poursuit l’ancien ministre des Sports. CHO Maroc envisage aussi de s’intégrer en amont avec l’acquisition de plantation d’oliveraie. « Les opportunités existent dans la région [ciblée] », confirme le PDG de Dislog.

95% de la production de CHO Maroc sera destinée à l’export avec un focus sur les marchés américain, canadien et français.  De son côté, Dislog Tunisie commencera par la distribution des produits du groupe CHO, et s’ouvrira petit à petit à d’autres clients, à condition qu’ils n’opèrent pas dans le même secteur que CHO. Une enveloppe d’investissement de 30 millions de dirhams est prévue.

À travers ce partenariat, Dislog confirme son choix de s’orienter vers l’industrie, « mais toujours avec un partenaire », insiste Moncef Belkhayat. Ce n’est d’ailleurs pas une première pour Dislog, qui s’est déjà s’est lancé dans l’industrie du thé avec la marque Miyaz en partenariat avec une startup marocaine.

La prochaine étape? « De nouveaux produits dans la biscuiterie avec un partenaire étranger », confie le management. Les conserves de thon sont aussi dans leur ligne de mire. « Nous ne toucherons pas aux produits que nous distribuons pour nos partenaires actuels »,  précise le Moncef Belkhayat tout en assurant que le développement qui sera privilégié pour Dislog c’est bien la production en propre.

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