Mohammed Ennaji : "Il y a une incapacité du pouvoir à répondre autrement que par la répression de la parole libre"

Ces dernières semaines, les arrestations se sont multipliées pour des publications sur les réseaux sociaux. Est-ce une manière pour l’État de rétablir la peur ? Trois questions à Mohammed Ennaji, sociologue et historien.

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Mohammed Ennaji est professeur à l'Université Mohammed V. Crédit: DR

La fin d’année 2019 a connu son lot d’arrestations, inculpations et condamnations de militants ou simples citoyens ayant partagé une opinion sur les réseaux sociaux – parfois de manière insultante, donc répréhensible par la loi. De Omar Radi à “Moul L7anout” en passant par le lycéen Ayoub Mahfoud ou Abdelali Bahmad dit Bouda, une demi-douzaine de personnes encourent ou ont été condamnées à des peines de prison ferme pour des faits liés à leur activité sur les réseaux sociaux. Éclairage du sociologue, historien, essayiste et professeur Mohammed Ennaji.

TelQuel : Quelle lecture faites-vous de l’accélération, ces dernières semaines, des actions de justice contre de jeunes citoyens marocains pour des opinions exprimées sur les réseaux sociaux 

Mohammed Ennaji : Il est difficile de se limiter à une seule raison même si, au fond, elles se rapportent toutes, en dernière analyse, à la nature du pouvoir et au mode de fonctionnement de l’État. On…

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