Ce que nous détruisons du biopatrimoine du royaume, par Michel Tarrier

Entomologiste spécialisé dans l’écosystème de l’ouest méditerranéen, Michel Tarrier étudie les papillons du Maroc depuis plus de 30 ans. Six mois par an, il s’engouffre dans les chaînes du Rif et de l’Atlas, allant au contact des biotopes. Le contexte exceptionnel de 2020 n’a pas eu raison de son habituel tour d’inventaire. Depuis l’Andalousie où il réside, le scientifique livre pour TelQuel un billet tristement inspiré par le constat d’une biodiversité en état clinique préoccupant, 
et alerte les autorités sur une prévisible “destruction de la mémoire vive du Maroc”.

Michel Tarrier
Entomologiste spécialisé dans l’écosystème de l’ouest méditerranéen, Michel Tarrier étudie les papillons du Maroc depuis plus de trente ans. Crédit: DR

Balayer des endémismes inscrits dans le biopatrimoine du royaume d’un coup de bulldozer, de tracteur ou par l’omniprésence d’un pastoralisme surnuméraire car incontrôlé, c’est annihiler de façon irréversible une genèse de centaines de millions d’années. Des espèces qui sont la mémoire vive du Maroc, parce qu’elles nous racontent la fabuleuse histoire de son peuplement, au travers des ères géologiques, de la dérive des continents, de la tectonique des plaques, doivent bénéficier de la plus haute considération et donc d’une protection radicale. Tout cela est pourtant ignoré des manuels scolaires et des…

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