Spécial Festival international du film de Marrakech

Projection. Des youyous pour Ayouch

Très attendu lors de cette 12ème édition, le premier film marocain en compétition Les chevaux de Dieu du réalisateur Nabil Ayouch a provoqué des standing-ovations en série. Pendant 1h55, le public a fait une plongée en apnée dans le bidonville qui a vu naître les candidats au suicide d’un certain 16 mai 2003. “J’ai essayé de raconter l’histoire de plusieurs microtraumatismes qui ont convergé pour conduire ces gamins vers un destin macabre”, confie le réalisateur. Après avoir raflé 13 prix à l’étranger, Les chevaux de Dieu a des chances de ne pas repartir bredouille de Marrakech. “Malgré le succès du film à l’étranger, je suis particulièrement heureux de le présenter devant le public marocain. Après tout c’est notre traumatisme qu’il raconte”, conclut Nabil Ayouch. 

 

Hommage. Bollywood superstars

Une armada de réalisateurs, producteurs et danseurs indiens s’est déplacée à Marrakech pour célébrer en terre conquise l’événement. Malgré le froid, des centaines de personnes se sont déplacées aux abords du Palais des congrès dans l’espoir d’apercevoir leurs idoles, comme le légendaire Amitabh Bachchan (200 films au compteur), Shah Rukh Khan ou encore les divines Aishwariya Ray et Kajol. Le cinéma hindi, c’est 1200 films produits par an et une machine infatigable à produire le rêve entre kitch populaire et cinéma d’auteur. A la sortie du Palais des congrès, Shah Rukh Khan a quitté le tapis rouge pour se payer un bain de foule, déclenchant une hystérie générale chez les fans devant un service d’ordre complètement dépassé.

 

Sino-ciné 

Grand moment d’émotion au Palais des congrès lors de l’hommage rendu au cinéaste chinois Zhan Yimou. C’est à lui que l’on doit des chefs d’œuvre comme Les Secrets des poignards volants et La cité interdite en 2006, et c’est toujours lui qui a révélé au monde la sublime actrice Gong Li  en 2004. En avant-première mondiale, le public du festival a découvert son dernier long métrage, The Flowers of War. Un film époustouflant sur la guerre sino-japonaise, qui raconte l’histoire d’un prêtre (Christian Bale) qui cherche à protéger les jeunes orphelines  d’un couvent. Une grosse production, qui réinvente l’art de filmer la guerre.

 

Le temps des migrants 

On connaissait son amour pour sa Serbie natale, la musique balkanique ou encore le football, mais on ignorait que le Maroc l’inspirait. Emir Kusturica a annoncé, en marge de l’ouverture du FIFM, qu’il venait d’écrire le scénario d’une “histoire marocaine”. Le film se penche sur l’histoire d’un couple, dont la femme développe un besoin vital d’émigrer en France. Pour ce premier film en langue française, dont le tournage devrait avoir lieu courant 2013, le réalisateur serbe a convoqué de jolies têtes d’affiche : Tahar Rahim (Un Prophète), Leïla Bekthi (La Source des Femmes) et Monica Bellucci.

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