Reportage. Le footballeur Zico, du Maracana au Sambodrome

Aussi légendaire que malheureux N°10 de la Seleçao, Zico a disputé et perdu trois Coupes du Monde. Mais une vibrante revanche lui tend les bras au carnaval de Rio, devant les 70.000 spectateurs du Sambodrome.

A bientôt 100 jours du retour du Mondial au “pays du futebol”, une école de samba rend cette année hommage au “Pelé Blanc”, dernier porte-étendard avec la génération Socrates du “jogo bonito”. A la “Cité de la Samba”, l’agitation est à son comble dans les ateliers d’Imperatriz Leopoldinense à quelques jours du coup d’envoi de “la grande folie”. Elle est en lice avec 11 autres écoles de samba pour s’arroger avec ses 3 200 danseurs le titre de “Championne du carnaval 2014”.

Sur ce char luxueux qui retrace l’enfance de Zico à Quintino, en banlieue de Rio, est accrochée une gigantesque paire de crampons rouges avec détails en strass, à côté d’un coq jaune, une référence au “Galinho de Quintino” (le petit coq de Quintino), le surnom donné à Zico enfant, à cause de sa coiffure en crête.

La “relation foot-samba est totale”

Un défilé d’école de samba, c’est l’un des plus grands hommages que l’on puisse recevoir. Pour un Brésilien, c’est comme une Coupe du Monde“, confie Zico, 60 ans, dans une interview exclusive à l’AFP. Affronter les 70.000 spectateurs et le jury du Sambodrome n’est pas un problème pour lui:”Au Maracana, plus de 100.000 personnes scandaient mon nom, me saluaient!“, ajoute ce descendant de Portugais, de son vrai nom Arthur Antunes Coimbra. Enfant on l’appelait Arthurzico (petit Arthur). “Il n’est resté que Zico“.

La “relation foot-samba est totale” estime Zico: “pour bien jouer, il faut savoir, comme dans la samba, bouger avec souplesse, se déhancher“. Mais, sur la piste du Sambodrome, lors d’une répétition générale, le “Pelé blanc” paraît un peu raide et coincé comparé aux danseuses métisses qui se déhanchent frénétiquement à ses côtés. “C’est en France qu’on a commencé avec ce surnom, ce sont les Français qui m’ont fait porter cette responsabilité. Je ne l’ai jamais aimé, parce que Pelé, c’est Pelé, et c’est une responsabilité“, dit-il.

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