Des parlementaires se battent pour l'abolition de la peine de mort

Le groupement des parlementaires contre la peine de mort s'est réuni pour mettre en place son plan d'action. Premier objectif : imposer le débat.

Par

Nouzha Skalli.
Crédit : Yassine Toumi

Ils sont 240 à composer un groupement de parlementaires pour l’abolition de la peine de mort. Constituée il y a un an et demi, cette coalition s’est réunie le 2 octobre pour faire le bilan de ses actions et mettre en place un nouveau calendrier de plaidoyer à la veille de la rentrée parlementaire.

Ces élus de différents partis (de l’opposition et de la majorité) militent pour que le Maroc mette en application l’article 20 de la constitution qui garantit le droit à la vie et l’article 22 sur l’intégrité physique. Ils souhaitent aussi que le pays vote en faveur du moratoire de l’Assemblée générale de l’ONU sur la question. « Le Maroc n’exécute plus depuis 20 ans mais continue de s’abstenir. Il est très urgent qu’il vote pour, à l’instar de l’Algérie et de la Tunisie », nous explique Nouzha Skalli, députée PPS, très impliquée dans le mouvement.

« La question avance »

L’ex-ministre reste optimiste : « La question avance, on crée le débat. On se manifeste, on pose des questions régulièrement au parlement, on a proposé un projet de loi ». Aucune date n’est encore fixée pour débattre de ce projet, à cause « d’un retard législatif général », d’après elle. Si elle refuse de se prononcer sur l’issue de ce vote, « j’ai bon espoir que la classe politique marocaine assume ses responsabilités », nous assure-t-elle.

Même s’il y a des réticences au sein de la population, Nouzha Skalli reste persuadée que « la loi peut faire changer les mentalités ». L’élue donne l’exemple de la France, qui refusait à 60 % l’abolition de la peine de mort au moment de son vote.

A l’occasion de la journée internationale contre la peine de mort le 10 octobre, le groupement de parlementaire organisera une conférence de presse (conjointement avec les avocats contre la peine de mort et la coalition marocaine), encore pour faire parler d’eux. A la fin de l’année, ils seront présents au forum des droits de l’Homme de Marrakech.

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