Jérusalem: l’esplanade des Mosquées s'enflamme à nouveau

De violents affrontements entre policiers israéliens et manifestants palestiniens ont eu lieu ce mercredi matin sur l’esplanade des Mosquées de Jérusalem.

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Affrontements le 2 novembre au chekpoint entre Ramallah et Jéruslamen, pour protester contre la fermeture temporaire de la mosquée Al-Aqsa. Crédit : AFP/ABBAS MOMANI

L’esplanade des Mosquées à Jérusalem est le théâtre de violents affrontements depuis plusieurs mois. Dernier en date: ce mercredi 5 novembre au petit matin, entre manifestants palestiniens et policiers israéliens. Les heurts ont éclaté du côté de la porte des Maghrébins, par laquelle passent les visiteurs non musulmans. Des Palestiniens s’étaient retranchés dans la nuit sur l’esplanade et quand la porte s’est ouverte, des dizaines de manifestants masqués ont lancé des pierres et des pétards sur les policiers israéliens, d’après le récit de la police recueilli par l’AFP.

Les policiers ont repoussé les Palestiniens à l’intérieur de la mosquée Al-Aqsa, selon un scénario désormais bien rodé. Mais fait rare, les policiers sont même entrés de quelques mètres à l’intérieur de la mosquée pour pouvoir dégager des pierres bloquant les portes et fermer celles-ci.  Il n’y a pas eu d’arrestation car « c’est un lieu saint », a précisé la porte-parole.

C’est la première fois que les policiers entrent aussi loin dans la mosquée et s’approchent d’aussi près du minbar, la chaire de l’imam, a assuré à l’AFP Adnane al-Husseini, gouverneur de Jérusalem-Est et ancien responsable de la fondation islamique qui gère l’esplanade.

Ensuite, les policiers se sont positionnés sur tous les toits qui dominent l’esplanade.

La Vieille ville également en proie à la violence

Les incidents se sont étendus à la Vieille ville que surplombe l’esplanade et qui est transformée depuis quelques jours en camp retranché gardé par des centaines de policiers et de check-points. Un Palestinien a été blessé, selon la police.

Près de la porte des Lions, les policiers ont tiré des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes pour disperser la foule amassée, dans laquelle se trouvaient des dizaines d’enfants attendant de se rendre dans les écoles voisines.

Dans le bourdonnement des hélicoptères survolant la Vieille ville, les policiers ont ensuite entrepris de repousser la foule loin de l’esplanade des Mosquées, dont tous les accès ont été brièvement bloqués avant de rouvrir après 9H.

Des extrémistes juifs réclament le droit de prier sur l’esplanade

Les raisons de ce nouvel accès de fièvre? Des extrémistes juifs avaient appelé à se rendre massivement mercredi sur l’esplanade des Mosquées pour signifier leur soutien à Yehuda Glick. Cette figure de la droite ultranationaliste juive qui milite pour le droit des juifs à prier sur l’esplanade des Mosquées a été grièvement blessée par balles le 29 octobre à Jérusalem. Son agresseur présumé, un Palestinien présenté par le Jihad islamique comme l’un de ses membres, a été tué le lendemain par les policiers israéliens.

Ces évènements ont conduit les autorités israéliennes à prendre la mesure exceptionnelle de fermer l’esplanade des Mosquées jeudi dernier. Elle a été rouverte vendredi pour la grande prière musulmane hebdomadaire.

Pour rappel, l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam, est également vénérée par les juifs. Mais ces derniers n’ont pas le droit d’y prier. Ils sont seulement autorisés à des visites placées sous un strict contrôle policier par crainte d’incidents. Mais, au cours des derniers mois, les activistes juifs réclamant le droit de prier sur l’esplanade, se sont fait entendre de plus en plus bruyamment. Les Palestiniens et musulmans israéliens disent aussi que le nombre des visites juives a notablement augmenté.

Les musulmans s’alarment du fait que le gouvernement israélien puisse céder aux pressions des ultras et autorise les juifs à prier sur l’esplanade. Ils s’indignent de ce qu’ils perçoivent comme des provocations de la part de juifs ultras qui accèdent à l’esplanade sous le couvert d’une visite et se mettent à prier.

Sarah BENHAIDA/AFP

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