Baisse du cours du pétrole: bonne nouvelle pour les finances publiques

Le baril de pétrole vient de passer sous la barre des 80 dollars. Des chiffres qui peuvent donner le sourire aux finances publiques et aux industriels.

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Puits de pétrole
“Il y a un excédent d’approvisionnement énorme et très peu d’endroits pour le stocker”, selon Jim Burkhard, vice-président et responsable des marchés pétroliers chez IHS Markit. Crédit: DR

Depuis juin, le cours du baril de pétrole ne cesse de chuter. Il vient de passer sous la barre des 80 dollars. Il a donc diminué de 25 % depuis cet été. Cette baisse est surtout due à une diminution de la demande des pays industrialisés et à la nouvelle concurrence du pétrole non conventionnel, gaz de schiste notamment. Cette diminution est plutôt une bonne nouvelle pour les finances publiques. Elle devrait alléger les charges de la caisse de compensation qui subventionne le carburant. D’ailleurs, la charge de compensation du gasoil sur les huit premiers mois de l’année est passée de 11 090 millions de dirhams à 7 670 entre 2013 et 2014. Cette diminution du prix arrive à point nommé étant donné que le chef du gouvernement a annoncé la fin des subventions du carburant pour la fin de l’année. Cette baisse du cours est donc aussi a priori une bonne nouvelle pour les industriels et les ménages.

Des conséquences néfastes aussi

D’un autre côté, la baisse du cours constitue aussi un manque à gagner pour l’Etat qui taxe le carburant. La TVA est en effet appliquée à 7 % sur ce produit. Avec la taxe intérieure de consommation (TIC), elles ont permis de collecter sur le carburant plus de 24 milliards de dirhams de recettes en 2012 (ce qui correspondait à l’époque à plus de 50 % des charges de la caisse de compensation, avant l’indexation). Cette tendance fait aussi planer à court terme le risque de la déflation. En effet, la baisse des prix va peut-être entraîner une augmentation de la consommation et donc une baisse de l’inflation.

Cette tendance à la baisse va t-elle se prolonger ? Les avis divergent. Le 11 novembre dernier, Abdallah Al-Badri, le secrétaire général de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a déclaré : « La situation va s’améliorer ». De son côté, Olivier Brossard,  chercheur en économie à l’université de Toulouse, nous explique que la baisse du prix continuera « tant que la croissance est faible en Europe et dans les pays émergents et tant que l’on exploitera de nouveaux gisements (schistes, bitumeux).» Il ajoute qu’en plus, « Il y a encore des marges de baisse : le baril était à 50 dollars en 2005, à 135 dollars en 2008 et à …35 dollars en décembre 2008 ».

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