Elections: Israël «a choisi la voie de l'occupation», pas de la négociation

L'OLP estime qu'Israël a choisi « la voie du racisme et de l'occupation»   de préférence à celle des négociations, en faisant triompher le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu aux élections parlementaires mardi 17 mars.

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Benjamin Netanyahu s'adresse à ses partisans, le 17 mars 2015, à Tel-Aviv.
Benjamin Netanyahu s'adresse à ses partisans, le 17 mars 2015, à Tel-Aviv. - Crédit: AFP

Israël « a choisi la voie du racisme, de l’occupation et de la colonisation, et n’a pas choisi la voie des négociations et du partenariat», a déclaré à l’AFP Yasser Abed Rabbo, secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Benjamin Netanyahu, bête noire des Palestiniens, est sorti contre tous les pronostics grand vainqueur des élections israéliennes mardi 17 mars. Face aux sondages défavorables, « Bibi » s’est démené dans les derniers jours pour ramener au bercail les déçus du Likoud et rallier les indécis. Lundi 16 mars, il a encore fait monter les enchères en enterrant l’idée d’un Etat palestinien coexistant avec Israël s’il conservait son poste.

Les Palestiniens étaient sans illusion quant à une éventuelle sortie de l’actuelle impasse diplomatique, même en cas de victoire de l’adversaire travailliste de Netanyahu, Isaac Herzog. Mais avec Benjamin Netanyahu ils vont se retrouver très probablement à nouveau avec un chef de gouvernement israélien qui, la veille des élections, a publiquement enterré l’idée d’un Etat palestinien s’il sortait vainqueur du scrutin.

Aussitôt après avoir pris connaissance des premiers résultats, les Palestiniens ont prévenu qu’ils intensifieraient leurs efforts contre Israël sur la scène diplomatique et à la Cour pénale internationale, devant laquelle ils comptent poursuivre les dirigeants israéliens pour crimes de guerre.

La liste commune formée par les partis arabes israéliens en troisième position

Selon les résultats de la commission électorale après dépouillement de la quasi-totalité des bulletins, le Likoud de « Bibi » a remporté 23,26% des suffrages, contre 18,73% à la liste de Isaac Herzog. Transposé en sièges par les médias, cela donne 29 sièges sur les 120 de la Knesset pour le Likoud, sept de plus que les derniers sondages autorisés en fin de semaine dernière. La liste Union sioniste de Isaac Herzog aurait 24 sièges.

La liste des Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d’Israël en 1948, et qui représentent plus d’un Israélien sur cinq, a créé un autre événement de ce scrutin en terminant troisième avec 14 sièges.

Une coalition très à droite à l’horizon

C’est au président Rivlin qu’il appartient à présent de choisir à qui demander de tenter de former un gouvernement. Son choix ne fait guère de doute. Une fois que les résultats officiels auront été proclamés, peut-être jeudi, M. Rivlin il aura sept jours pour décider. D’intenses tractations ont déjà commencé.

L’une des grandes questions est quelle alliance M. Netanyahu bâtira s’il est choisi par M. Rivlin: une coalition très à droite qui risque de compliquer encore les relations tendues avec une bonne partie de la communauté internationale, une coalition plus au centre, voire un gouvernement d’union nationale associant le parti travailliste.

M. Netanyahu a déjà pris contact avec le Foyer juif, un parti nationaliste religieux crédité de 8 sièges, ainsi qu’avec les partis ultra-orthodoxes Shass et Liste unifiée de la Torah (7 sièges chacun), et Israël Beiteinou, parti nationaliste du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman (6 sièges) pour constituer une majorité, a indiqué son parti.

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