AMDH : Bilan d'un congrès organisé sur fond de tensions

Les relations tendues entre l'ONG et le ministère de l'Intérieur ont fortement affecté la tenue du 11e congrès de l'AMDH.

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Ahmed El Haïj s'adressant au congressiste lors de la séance inaugurale. Crédit Rachid Tniouni

Du 22 au 24 avril, le complexe Moulay Rachid de Bouznika a accueilli le 11e congrès national de l’Association marocaine des droits humains (AMDH). La séance inaugurale de l’événement se tenait traditionnellement au théâtre Mohammed V ou à la salle Bahnini de Rabat. Une tradition à laquelle l’AMDH a dû déroger en raison du bras de fer entamé avec le ministère de l’Intérieur, qui n’a pas permis à l’ONG de tenir son congrès dans ces lieux et qui n’a autorisé l’AMDH à organiser son congrès à Bouznika que quelques jours avant le début de l’événement. Une interdiction que les 532 congressistes de l’Association n’ont pas manqué de mentionner dans leur slogan : «Réprime autant que tu veux, l’Association [AMDH, ndlr] ne pliera pas.»

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Il faut dire que depuis le discours prononcé par le ministre de l’intérieur Mohamed Hassad devant le parlement en juillet 2014, où plusieurs associations des droits de l’homme ont été critiquées, la relation entre le ministère et l’AMDH n’a cessé de se détériorer. Depuis cette date, l’AMDH a connu l’interdiction d’une centaine de ses activités (conférences, formations, colonies de vacances…), qu’elles soient organisées dans ses locaux ou ailleurs. De plus, environ 60 sections de l’AMDH n’ont pas reçu le récépissé de renouvellement des bureaux des sections de l’Association.

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El Haïj réélu

L’ambiance régnante a favorisé le retour du PSU et du PADS et du CNI, qui ont effectué leur retour aux instances dirigeantes de l’Association. Ainsi, parmi les 95 sièges que compte désormais la commission administrative, le Parlement de l’association, les membres de ces trois formations politiques sont parvenus à obtenir 29 sièges (14 pour le PSU, 14 pour le PADS et 1 pour le CNI). Cette instance compte 1/3 de membres femmes et 26% de jeunes.

Ce changement a également affecté le bureau central de l’instance. Sur les 23 membres que compte cette instance dirigeante, dont huit membres d’Annahj, le PSU est parvenu à décrocher 5 sièges, le PADS en a obtenu 4 tandis que six autres ont été attribués à des membres sans appartenance partisane. Ce congrès marque ainsi la réconciliation entre les trois formations politiques et l’AMDH.

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Autre changement opéré lors de ce congrès, Ahmed El Haïj, le président sortant, n’avait pas le droit à briguer un nouveau mandat. «À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle», expliquait ce dernier en rapportant la proposition de la présidence du congrès. Les statuts de l’Association ne permettent pas d’exercer plus de trois mandats dans le bureau central. Un amendement, voté à la majorité absolue, a permis à El Haïj de se présenter une nouvelle fois. Et ce n’est pas tout. En plus de ce changement, le bureau central ne verra sa démission effective qu’une fois le nouveau bureau élu aura reçu son récépissé des autorités. Dans les coulisses, on explique que cette mesure a été prise au cas où les autorités refuseraient de délivrer le récépissé au nouveau bureau, afin d’éviter que l’Association ne se retrouve dans une situation de blocage.

 

 

Mohamed Akdim, Ahmed  Sennoussi, alias Bziz. Crédit Rachid Tniouni
Mohamed Akdim, Ahmed Sennoussi, alias Bziz. Crédit Rachid Tniouni
Abdelhamid Amine et Ahmed El Haïj. Crédit Rachid Tniouni
Abdelhamid Amine et Ahmed El Haïj. Crédit Rachid Tniouni
Abderrahim  Berrada, Abdelazizi Nouyadi et Abderrahim Jamaï. Crédit Rachid Tniouni
Abderrahim Berrada, Abdelazizi Nouyadi et Abderrahim Jamaï. Crédit Rachid Tniouni
Avecl le drapeau, Hakim Sikouk rédit Rachid Tniouni
Avecl le drapeau, Hakim Sikouk rédit Rachid Tniouni

 

Abdelhamid Amine. Crédit Rachid Tniouni
Abdelhamid Amine. Crédit Rachid Tniouni