Hawad : “Il n’y a pas de manuscrits exceptionnels à Tombouctou”

Le poète touareg Hawad, lors d'une rétrospective de ses œuvres de furigraphie au musée Boubou-Hama, à Nyamey, en 2017. Crédit: AFP

Smyet bak  ?

Le nom de mon père, c’est mon nom, Hawad.

Smyet mok ?

Le nom de ma mère est dans celui de mon père, qui le prolonge.

Nimirou d’la carte ?

Ma carte est celle de l’atlas terrestre. Elle n’est pas numérotée, puisqu’elle est unique.

Selon nos informateurs, vous accusez l’Azawad d’enterrer l’amazigh. On voudrait vérifier ça avec vous.

C’est vrai. L’amazigh est un grand corps. Il va de l’Atlantique à la rive occidentale du Nil, de Tanger au fleuve Niger. Et l’Azawad ne pourrait exister que si le corps amazigh existe, même fantomatiquement.

Vos avocats prétendent que vous voyez le territoire nomade comme un corps articulé. Qu’est-ce que c’est que ces articulations ?

Chaque unité, qu’elle soit sociale ou physique, est une articulation. Et elles se multiplient à l’infini. C’est une vieille pensée, chez nous les gens de la mauroria, que celle de projeter les articulations de nos corps dans l’espace, social ou géographique. C’est la cosmovision amazighe. On peut la lire, comme au Maroc, dans l’architecture ancienne, sur les tapis, les tatouages… Dans la langue tamazight, évidemment, et même dans l’arabe…

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