Que reste-t-il de Hassan II ?

En 38 ans de règne, Hassan II verra, à son corps défendant, le pays muer sous l’effet d’une transition démographique inouïe. Du roi de la paysannerie, il devient celui de la sphère urbaine. Le politologue et chroniqueur de TelQuel, Omar Saghi, examine ce grand basculement et ses conséquences sur la nature du règne hassanien.

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Les règnes de Moulay Ismaïl, d’Ahmed Al Mansour ou de Youssef Ibn Tachfine furent peut-être plus longs ou plus glorieux, mais celui de Hassan II fut celui de la grande transformation démographique, celle qui ne se produit qu’une fois. Ici, saluant la foule aux côtés du président français François Mitterrand, le 29 janvier 1983 à Rabat. Crédit: DR

Le 23 juillet 1999 au soir, le monde entier assiste, incrédule, à une hystérie collective qui saisit tout un pays. La mort de Hassan II, monarque craint, admiré, aimé ou haï, semble rejouer un cérémonial primitif où mise à mort, repas totémique et culpabilité se mêlent. Paradoxalement, les semaines qui suivent voient le démantèlement de pans entiers de l’ancien règne. En août est créée une commission royale d’indemnisation des anciens prisonniers politiques ; le 13 septembre, Abraham Serfaty retourne triomphalement d’exil ; en octobre la première tournée provinciale du roi le voit dans le Rif – dont le rapport à l’ancien souverain fut pour le moins litigieux ; le 9 novembre, Driss Basri est révoqué de son ministère de l’Intérieur… Le changement de règne ressemblerait-il à…

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