En Espagne : le Maroc et le Sahara, un levier politique qui profite à (l'extrême) droite

À une situation politique fragile de l’autre côté du détroit, 
la crise marocaine est venue accentuer les points de fracture entre les différents partis espagnols.

Par et

Plusieurs mois avant la crise hispano- marocaine, l’ambassadrice du Maroc en Espagne, Karima Benyaich, et le leader du PP, Pablo Casado, se rencontraient en novembre 2020 pour évoquer la crise migratoire au large des îles Canaries. Crédit: DR

Emportée par la liesse d’un soir de victoire, elle ne croyait peut-être pas si bien dire. Face à une foule compacte de partisans massés devant le siège de sa formation, elle prédisait “des jours comptés” pour le gouvernement de Pedro Sánchez. Ce 4 mai au soir, la nouvelle figure montante de la droite espagnole et candidate à sa propre réélection, Isabel Díaz Ayuso (PP), le sait plus que quiconque : en s’adjugeant haut la main les législatives anticipées de la région de Madrid, cette quadra au populisme décomplexé venait d’asséner une claque d’envergure à la gauche gouvernementale. Au même moment, la crise marocaine prenait de l’ampleur et allait pousser le gouvernement espagnol dans ses derniers retranchements, tout en bouleversant le jeu politique interne.

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