[Podcast] Nabila Mounib sur Le Ring : “Je veux sauver le PSU”

Nabila Mounib, secrétaire générale du Parti socialiste unifié, a accepté d’enfiler les gants et monte sur Le Ring, le podcast de TelQuel, pour expliquer les raisons d’un retrait provisoire du PSU de la FDG. Interview et podcast en 3 actes.

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La responsable s’est rendue ce mardi au siège du ministère de l’Intérieur pour déposer officiellement la demande de retrait du PSU. Une décision qui ne fait pas l’unanimité au sein de son parti. Le député de la FGD dans la circonscription d’Anfa à Casablanca, Mustapha Chennaoui, a publié dans la foulée sur sa page Facebook le logo de l’enveloppe, en référence à l’identité visuelle de la FGD, pour exprimer son attachement à la formation politique.

D’autres voix ont également exprimé leur contestation : Mohamed Mjahed, l’ancien SG du PSU, ainsi que Mohamed Hafid, un des cadres du parti. Contacté par TelQuel, Omar Balafrej a indiqué ne pas vouloir s’exprimer sur le sujet, qu’il affirme avoir enterré depuis octobre 2019.

D’autres cadres du parti estiment sur les réseaux sociaux que Nabila Mounib “détruit tout ce qui été construit durant ces dernières années, c’est-à-dire l’union de toute la gauche dans un seul parti”. Interview dans Le Ring, le podcast show de débat par TelQuel.

Pourquoi le retrait du PSU de la Fédération de la gauche démocratique ?

Le PSU ne s’est pas retiré de la FGD. Je suis actuellement la coordinatrice de cette fédération qui souhaite reconstruire la gauche marocaine. Nous avons décidé de nous retirer provisoirement de la coalition pour les élections. Mais pas pour toutes les élections. Jusqu’à date d’aujourd’hui, uniquement les élections professionnelles. Nous nous sommes donné une semaine pour régler certains problèmes internes.

Quels problèmes ?

Il y a des divergences. Il y a deux voix au sein de notre coalition. L’une qui dit on s’unit tout de suite sans faire d’études critiques ni même de projet global. L’autre qui dit, il faut quand même du concret. On ne peut s’unir que s’il y a la confiance et une prise de conscience de ce qui se passe dans la société. Nous sommes dans un contexte mondial et national très particulier. La crise du Covid a des effets néfastes sur la nature, l’Homme, le creusement des inégalités et sur les libertés. Le monde est en pleine crise de sens et d’idées. Le monde va changer.

Mais au niveau des problèmes internes ?

Au sein du PSU, certains ont proposé un courant, un réquisitoire d’insulte sans projet d’avenir. Je leur demande : voulez-vous aller vers l’union de la gauche en déchiquetant le PSU ? Ce retrait provisoire est donc une sonnette d’alarme que je tire et que j’assume pleinement. Je le répète, c’est un retrait provisoire pour les élections professionnelles.

Certaines voix disent que ce retrait serait en lien avec votre future hypothétique candidature aux législatives à Casablanca. Que répondez-vous ?

Ceux qui nous disent que c’est par opportunisme ont tort. Je leur ai dit il y a un an que je ne voulais pas être candidate pour ces élections. Je présenterai la semaine prochaine un livre sur mes réalisations. Je veux sauver le PSU.

Vous ne serez donc pas candidate pour les prochaines élections ?

Je ne sais pas… Vous savez, il y a des gens qui pensent que j’ai envie d’être parlementaire pour les avantages que cela implique. J’ai déjà un bon salaire de professeur dans le supérieur, si je veux être parlementaire c’est pour donner de mon temps et de ma santé pour servir les causes nobles de ce pays et servir ceux qui n’ont pas de parole. Mais je n’ai rien à gagner, je ne vais plus voir mes enfants, ma petite fille et je vais me concentrer sur mes tâches de parlementaire parce que je ne sais pas faire les choses à moitié.

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