Développement humain: le Maroc à la traîne au Maghreb

Dans le classement 2014 de l'IDH, le Maroc n'a presque pas bougé. Il est moins bien classé que les autres pays du Maghreb, handicapé par l'éducation et le revenu national brut par habitant.

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Une rue d'un village pauvre du Maroc
Photo d'illustration. Crédit: Nwardez/ Flickr

Le Maroc fait du surplace en matière de développement humain. C’est que révèle  le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) dans son rapport sur le développement humain 2014 et intitulé Pérenniser le progrès humain : réduire les vulnérabilités et renforcer la résilience. Le document, qui traite de l’Indice développement humain (IDH) dans le monde au cours de l’année 2013, classe le royaume à la 129e place, ex aequo avec le Honduras, sur 179 pays, alors qu’il était 130e  en 2013. Les pays du Maghreb comme la Libye (55e), la Tunisie (90e), l’Algérie (93e) ou l’Égypte (110e) et même certains pays ravagés par des conflits internes comme la Syrie (118e) et l’Irak (120e) font mieux que le Maroc. Seuls le Yémen (154e) et la Mauritanie (161e) sont moins bien classés que le royaume dans la région MENA.

L’IDH n’a presque pas évolué pour le Maroc. Sa valeur est estimée à 0,617, contre 0,614 un an plus tôt. Les classements en fonction de l’IDH sont basés sur des seuils fixes, lesquels dépendent de la répartition des indicateurs comme suit :

  • IDH inférieur à 0,550 pour un développement humain faible ;
  • IDH  entre 0,550 et 0,699 pour un développement humain moyen ;
  • IDH entre 0,700 et 0,799 pour un développement humain élevé ;
  • IDH de 0,800 ou plus pour un développement humain très élevé.

Le développement du royaume reste donc moyen. En revanche, la Libye, la Tunisie et l’Algérie qui affichent respectivement des indices de 0,784, 0,721 et 0,717 font partie du cercle des pays au développement humain élevé.

L’éducation, maillon faible du Maroc

Le revenu national brut est quant à lui estimé à 6 905 dollars par habitant pour le royaume. Il dépasse en revanche les 10 000 dollars pour l’Égypte et la Tunisie alors qu’il atteint 12 555 dollars pour l’Algérie et 21 666 dollars par habitant en Libye. De même, l’espérance de vie à la naissance est de 70,9 ans pour le Maroc alors qu’elle est de 75,9 ans pour la Tunisie, de 71, 2 ans pour l’Égypte et de 71 ans pour l’Algérie.

L’éducation est le secteur qui handicape le Maroc. En effet, le rapport fait état d’une durée moyenne de scolarisation de 4,4 ans et d’une durée attendue de scolarisation de 11,6 ans. Les autres pays du Maghreb affichent de meilleures statistiques : 7,5 ans et 16,1 ans pour la Libye, 6,5 ans  et 14,6 ans pour la Tunisie alors que l’Algérie affiche 7,6 ans et 14 ans.

Toujours selon le rapport, le rythme de la croissance annuelle de l’IDH au Maroc s’est ralenti lors des 13 dernières années. Estimé à +1,23 % entre 2000 et 2013, il était de +1,37 % entre 1990 et 2000 et de +1,41 % lors de la décennie 1980-1990.

 2,2 milliards de pauvres dans le monde

Dans le classement IDH, la Norvège (1er), l’Australie (2e) et la Suisse (3e) caracolent en tête, suivis par les Pays-Bas et les États-Unis qui occupent respectivement les 4e et 5e rangs. A l’autre extrémité du classement de l’indice du développement humain (IDH), la Sierra Leone, le Tchad, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo et le Niger ferment la marche.

Le rapport souligne également que «malgré des progrès récents dans la réduction de la pauvreté, plus de 2,2 milliards de personnes vivent en situation de pauvreté multidimensionnelle ou en sont très proches ».

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  • Cc’est l’education qui fait plonger le score du maroc ( 0.450 ) . Ppar aileurs l’idh ne prends pas en compte plusieurs elements comme la population sous le seuil de la pauvreté , la securité etc . Les scores pour l’education sont surtout dus à l’analphabetisme ( 31%) et l’abandon scolaire

  • le PNUD se base essentiellement sur les statistiques
    nationales produites en interne par chaque pays. De ce fait, les
    chiffres fournis par certains pays maghrébins peuvent être sujets à doutes et peu fiables.