Le Musée des beaux-arts de Montréal rend hommage à Leïla Alaoui

Une exposition -hommage dédiée à Leïla Alaoui livre, à travers des portraits contrastés, un témoignage émouvant et honnête sur la tragédie des candidats à l’immigration.

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Crédit: Yassine Toumi
Crédit: Yassine Toumi

Le Musée d’art contemporain de Montréal consacrera du 18 janvier au 30 avril une exposition-hommage à la photographe Leïla Alaoui, intitulée No pasara. Réalisée en partenariat avec la Fondation Leïla Alaoui, elle rend hommage à l’artiste franco-marocaine, décédée le 18 janvier 2016 dans l’attentat de Ouagadougou. Plus qu’un projet commissionné par l’Union européenne, No pasara est une œuvre d’une photographe au style affirmé qui n’empiète jamais sur la profondeur ni l’acuité du regard. L’exposition se veut aussi et surtout, une déconstruction de la réalité migratoire.

Leïla Alaoui a su saisir ce que les mots ne peuvent pas exprimer. Choix et contraintes, trajectoires de vie, souffrances tues, espoirs avortés… la photographe savait parler aux âmes par des concepts mobilisateurs. Elle aborde la situation des migrants, à travers une série de vingt-quatre images. N’a-t-elle pas déclaré, un jour, qu’il est important pour un artiste de poser des questions et d’engager une réflexion sur les problèmes sociaux ?

Pour la défunte photographe-vidéaste, No Pasara dresse un portrait de jeunes marocains qui envisagent la possibilité d’un avenir meilleur avec des perspectives prometteuses, dont l’espoir réside dans l’exode vers l’autre rive de la Méditerranée. Les images, affirmait-elle, sont « un témoignage de leurs réalités et de leurs illusions, alors qu’ils songent comment contourner les frontières et les fermetures qui ne cessent de se renforcer« La périlleuse traversée étant un enjeu majeur, fatal parfois, où « beaucoup finissent par brûler leur identité, leur passé et souvent leur vie« .

Globalement, Leïla Alaoui retrace le chemin de ceux qui tentent ou qui ont envie de tenter d’atteindre l’Eldorado européen. « Elle se déplace de Béni Mellal, au centre du pays, jusqu’aux villes portuaires de Nador et Tanger où elle se familiarise avec la migration clandestine (…) Déterminée à comprendre cette nécessité de quitter le pays natal, elle expérimente même le trajet en barque avec trois harraga (brûleurs de frontière) qui ont échoué leur traversée », lit-on sur le site du musée.

Grièvement blessée de plusieurs balles, le 15 janvier 2016 à Ouagadougou lors des attaques contre le restaurant Cappuccino où elle était attablée, Leila Alaoui a succombé le 18 janvier à ses blessures. Elle s’était rendue dans la capitale du Burkina Faso dans le cadre d’un projet de documentaire sur les violences faites aux femmes en Afrique de l’Ouest, initié par l’ONG Amnesty International.

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