Dans une interview accordée au journal américain The Hollywood Reporter (HR), la réalisatrice palestinienne Maysaloun Hamoud raconte être sous le coup d’une fatwa à cause de son dernier film “Je danserai si je veux“. La jeune femme affirme qu’il n’y avait pas eu de fatwa contre les Palestiniens depuis 1948. “Je suis la première en 70 ans“, affirme-t-elle.
Le drame “Bar Bahar – In between“, traduit en français “Je danserai si je veux”, raconte l’histoire de trois jeunes femmes palestiniennes, Leila, Salma et Nour, qui décident de s’installer à Tel-Aviv. Les deux premières, plus libérées, accueillent la troisième plus conservatrice. Primé à San Sebastian et à Toronto, le film n’est pas directement politique. À travers le quotidien des trois jeunes femmes, la réalisatrice soulève différents sujets tabous de la société israélo-palestinienne comme la drogue, l’homosexualité ou l’émancipation des femmes.
Le film a vite cristallisé les critiques et pas seulement celles des fondamentalistes, affirme la jeune réalisatrice dans l’interview. Maysaloun Hamoud et ses actrices ont reçu des menaces de mort. À Umm al-Fahm, une ville israélienne, la municipalité a déclaré qu’elle condamnait le film et interdisait sa diffusion. “Le Maire a donné un discours qui commence ainsi : ‘Je n’ai pas vu le film, mais…’. Ils disent que le film est haram, surtout pour les filles… mais ils illustrent exactement ce que j’ai essayé de montrer“, raconte la réalisatrice engagée.
Maysaloun Hamoud avoue qu’elle s’attendait à ce genre de réactions virulentes, confessant que l’un des buts du film était de “secouer le système”. “L’art cinématographique et l’un des moyens les plus puissants pour faire changer les mentalités“, relève la jeune réalisatrice.
Vous devez être enregistré pour commenter. Si vous avez un compte, identifiez-vous
Si vous n'avez pas de compte, cliquez ici pour le créer