Les députés UC menacent de rejoindre l'opposition

Les députés de l'Union constitutionnelle (UC) ont signé, lundi 28 mai, une pétition exigeant le remplacement du président de leur groupe parlementaire conjoint avec le Rassemblement national des indépendants (RNI) par un de leurs députés. Une "condition sine qua non" pour maintenir son rang dans la majorité gouvernementale.

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Crédit : Tniouni / TelQuel

Le torchon brûle entre RNI et UC. A la première chambre, les deux partis forment un seul groupe parlementaire : le Rassemblement constitutionnel. Et à entendre les députés UC, ce mariage de raison, né lors de la formation du gouvernement El Othmani risque de prendre fin.

Au Parlement, les députés UC ont tenu en conclave une réunion de travail le 28 mai. A l’issue de celle-ci, ils signent une pétition approuvée par 19 des 21 élus du parti. Plaçant la barre haut, les élus du parti  du cheval ont mis sur la table le changement du président RNI du groupe parlementaire et son remplacement par un député de la maison comme « seule condition » pour refaire cause commune avec le RNI.

Une pétition qu’ils ont transmise à leur secrétaire général Mohamed Sajid, ministre du Tourisme. Pis, selon des sources au sein du parti du cheval, la relation entre le patron de l’UC et le président du RNI, Aziz Akhennouch, s’est détériorée depuis la fin des élections partielles de fin janvier.

Président non grata

Les parlementaires UC reprochent à l’actuel président du groupe, Taoufik Kamil, ses « mauvais traitements ». Dans la pétition remise à leur chef, ils évoquent des « pressions subies ». Contacté par telquel.ma, le jeune député UC de Sidi Slimane, Yassine Radi dénonce notamment la « privation du droit de prendre la parole et de poser les questions ».

Driss Radi,le fils du dirigeant UC et président de la Chambre d’agriculture de la région de Rabat-Kénitra, ajoute que le président de groupe « empêche les députés de soumettre des questions dans hémicycle, notamment lorsqu’il s’agit de questions adressées à des ministres RNI ».

Notre interlocuteur affirme s’être récemment embrouillé avec son président de groupe. Pour cause, Yassine Radi voulait poser une question orale à la secrétaire d’État chargée de l’Habitat au sujet d’irrégularités dans le secteur constatées dans sa circonscription. « Le président s’y est opposé pour motif que la secrétaire d’Etat ne sera pas présente durant la session. Ce qui n’était pas vrai », affirme-t-il.

Contacté par nos soins, Taoufik Kamil n’a pas répondu à nos sollicitations. Mais l’élu de Ben M’sik (Casablanca), et président de la fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI), est également décrié dans son propre camp. « J’ai envoyé une lettre de doléance au bureau politique du parti après avoir été victime d’insultes de la part du président de groupe », nous explique la députée RNI Ouafae Bekkali.

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