Théologie politique

Par Omar Saghi

Souveraineté populaire”, “assemblée constituante”… Ces formules sont brandies par les manifestants à Alger ou Khartoum comme elles le furent par ceux de Tunis ou du Caire il y a quelques années. Qu’est-ce que la souveraineté, le peuple, l’assemblée représentative ? Proposées comme sujets de dissertation en philosophie ou en droit, ces formules seraient d’une redoutable complexité, et l’exercice en découragerait plus d’un. Que dire alors de ces mêmes formules lorsqu’elles se retrouvent scandées par des foules passionnées ? Je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement : à Constantinople, sous les empereurs byzantins, des foules en délire s’écharpaient dans les rues à propos du Filioque, de la transsubstantiation ou de l’“ecthèse”. A Bagdad, à peu près au même moment, des combats de rue avaient lieu concernant le Coran incréé, le libre-arbitre ou l’anthropomorphisme des noms divins. Aujourd’hui, il nous est facile de voir derrière ces concepts, aussi fondés soient-ils, des pensées irrationnelles et des groupes d’intérêt socioéconomiques. Mais à l’époque, les manifestants “croyaient” vraiment en leurs discours. C’est dire tout ce que l’usage contemporain de ces formules idéologiques a de religieux. Après tout,…

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