La Syrie et notre assourdissant silence

Par Fatym Layachi

Ce matin, tu t’es dit qu’il fallait que tu arrêtes de patauger dans ton marasme. Que tu arrêtes d’être autocentrée. Que tu arrêtes d’être persuadée que les drames de ta tante sont réellement dramatiques. Que tu arrêtes de croire que les plaintes de Zee méritent réellement qu’on plaigne Zee. Que tu arrêtes de croire que les scandales qui secouent ton voisinage sont réellement scandaleux. Du coup, tu essaies de prendre de la hauteur ou au moins de la distance. Tu essaies de t’intéresser à des choses éloignées de ton petit nombril, tu essaies de découvrir des horizons qui dépassent ta petite bulle. Alors, tu lis, tu scrolles, tu écoutes, tu télécharges… Bref, tu cherches de l’info, tu te documentes, tu veux en apprendre plus sur le monde. Dans tes errances informatives, tu tombes sur un titre qui te sidère autant qu’il te glace le sang: “Syrie, dix ans de terreur”. Et là, tu te sens conne. Tu te sens conne et ridicule de te plaindre de tes petits problèmes, de te plaindre de ton petit monde qui est à l’arrêt…

Cet article est réservé aux abonnés.
Déjà abonné ? Se connecter
Soutenez un média indépendant et exigeant
  • Accédez à tous les contenus de TelQuel en illimité
  • Lisez le magazine en numérique avant sa sortie en kiosque
  • Accédez à plus de 900 numéros de TelQuel numérisés